Ali Laïdi, Tempus, 816 p, 13.00 €
Avis de Christophe
Ali Laïdi propose une vaste synthèse historique démontrant que la "guerre économique" n'est pas un phénomène moderne, mais une constante de l'histoire humaine, de la préhistoire à l'époque contemporaine.
L'auteur définit la guerre économique comme un affrontement pour capter les ressources, parallèle à la guerre militaire : elle est à l'économie ce que la science de la guerre est à la politique. Il contredit le mythe libéral du « doux commerce » (selon lequel le commerce apporte la paix), en montrant que l'économie partage avec la politique le monopole de la violence, surtout depuis le pétrole est une ressource essentielle des économies modernes.
- "Préhistoire et Antiquité" : Les conflits débutent avec la lutte pour les territoires de chasse et de cueillette. Dans l'Antiquité, Phéniciens, Égyptiens, Romains et Chinois sécurisent leurs routes commerciales, éliminent la concurrence et protègent des secrets technologiques (comme la production de la soie en Chine).
- "Moyen Âge" : Les marchands de la Hanse germanique mènent des guerres ouvertes, imposent des blocus et défendent leurs intérêts commerciaux par la force.
- "Époque des grandes découvertes et mercantilisme" : Les États européens (Portugal, Espagne, Pays-Bas, Angleterre, France) se livrent à des batailles sanglantes pour contrôler les routes des épices et les ressources coloniales.
- "Époques modernes et contemporaines" : La guerre économique s'intègre aux conflits classiques (ex. : blocus continental de Napoléon, guerres mondiales où détruire le potentiel économique de l'adversaire est un objectif explicite, guerre du Pacifique).
Aujourd'hui, elle prend des formes plus subtiles : hyperconcurrence entre multinationales, utilisation de services de renseignement par les États, espionnage industriel, sanctions et intelligence économique.
À travers environ 700 pages riches en exemples historiques, Ali Laïdi revisite l'histoire mondiale sous l'angle économique, montrant que cette guerre est "incessante et protéiforme".
En conclusion, l'auteur affirme que la politique n'a pas le monopole de la violence : l'économie en détient une part essentielle. Un ouvrage didactique et passionnant pour comprendre les racines profondes des rivalités économiques actuelles.
Passionnant et tellement d'actualité.
Peter Reid ,Perrin, Constable & Robinson le,584 p, 10 € , in English
Avis d'Asdel
Je suis en train de lire ça.
Bouquin en anglois. Il n'analyse pas l'intégralité de la guerre médiévale, mais la période de l'essor des archers anglais jusqu'à la fin de la guerre de cent ans / la guerre des 2 roses.
L'analyse est assez classique, depuis Banockburn jusqu'à Bosworth field, avec une histoire bataille qui sera à compléter avec les tenants et aboutissants politiques de certains choix stratégiques.
Histoire bataille donc, mais avec un intérêt plus poussé que d'autres auteurs, comme le très classique Charles Oman, sur l'armement et la composition des armées, les difficultés de la campagne, la bataille en tant que choc militaire et stratégiques avec une pensée en évolution.
C'est de l'anglais assez facile à lire, et complètera aisément la bibliothèque d'un passionné de la période du XIVème XVème siècle.